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Djamel Laroussi sait allier ses racines arabo-
Mais son coup de génie vient en 2003 avec sa deuxième oeuvre, «Étoile Filante», un voyage plus mature et fulminant qui va du Baladi égyptien au Melhoun marocain; des rythmes berbères s'y mêlent à la salsa, le vocabulaire jazz et funk s'y établit superbement dans des arrangements subtils. Les rites gnaouas et une excursion dans les profondeurs du Sahara apportent un fond de tradition. Etoile Filante a occupé la tête des hit-
Son album ‘' 3 Marabouts’’ est sorti en 2006 en Allemagne et en 2007 en France (Dadoua France/Rue Stendhal).
* En 2006, il a composé un titre pour Biyouna.
Avec ce troisième opus, Djamel Laroussi ouvre de manière fabuleuse la porte de son héritage spirituel. Il nous guide dans les secrets de ses propres racines, tout en nous dévoilant un aspect fascinant de la culture musulmane: le marabout -
Par son origine, Djamel Laroussi a accès au monde des marabouts. Le village dans lequel son père est né rend hommage à pas moins de trois maîtres : Sidi Rabah, Sidi Meftah et Sidi Ben Aâda, c'est pourquoi on a appelé ce lieu «3 Marabouts». Mais, la raison pour laquelle il a dédié son album à ce village est plus profonde. «À 3 Marabouts, mon oncle était à la tête de la confrérie des Hamdaouas », raconte Djamel. «J'ai toujours eu une relation privilégiée avec cet oncle et lorsque j'étais petit, j'ai toujours entendu parler de lui comme d'un «magicien». Plus tard, j'ai compris la véritable signification de ce mot: il pouvait guérir les gens à l'aide de rythmes et que le fait de jouer de la musique avait pour lui un sens spirituel. Je pense qu'en tant que musicien, j'ai dû hériter de certains de ses chromosomes.» La famille Laroussi a toujours eu un rapport intime avec les marabouts, elle contient toute une lignée de maître. Plusieurs confréries soufies remercient souvent dans leurs chants un marabout Laroussi. Il existe aujourd'hui encore un temple Laroussi au Maroc (Zaouit Ben Arouss). «Mon père a découvert que nos ancêtres venaient de Tunisie, ils ont ensuite émigré dans le Sud du Maroc, puis dans le Nord. Une piste mène même au Sénégal.» Leur hérédité les fait ainsi appartenir à un espace culturel dont les ponts invisibles relient le Maghreb à l'Afrique noire.
Comme dans un puzzle, les pièces se complètent pendant la préparation de l'album et Djamel trouva sur son chemin plusieurs d'entre elles: Mama Binette, de nombreux saints vénérés dans les rites des Gnaouas et des marabouts de tous les villages d'Algérie. Et les liens rapprochant l'Afrique noire se resserrent encore, soutenus par la kora. D'un point de vue musical, Djamel Laroussi reprend ici les mélanges subtils de styles du précédent album. Il associe de manière raffinée des harmonies traditionnelles à des choeurs, y introduit du jazz et du funk, apporte une touche de couleur antillaise et brésilienne allant du reggae à la bossa, en passant par le zouk.
Site web : djamellaroussi.com